En ce 9 juillet 2026, nous espérons que vous ne souffrez pas trop de cette troisième canicule si précoce, c’est le moment ou jamais pour réagir aux causes du dérèglement climatique. 

Réagir aux causes c’est d’abord soutenir la campagne pour une loi d’étiquetage des contenus carbone sur tous produits et services, nous allons en parler très souvent dans le semestre tant il est urgent que les députés en débattent en plénière. Car c’est bien le point de départ du changement, sans chiffres et étiquetage, on ne peut pas se mettre à réduire, voici la caricature du mois :

nous avons besoin de tous, sur le site web https://loipoidscarbone.fr vous trouvez la version mise à jour de la Proposition de Loi.
Merci d’avance d’y apporter votre point de vue, le texte n’est pas encore déposé et nous pourrions découper l’article second en deux parties pour donner un « os à ronger » aux opposants.

Il faudra soutenir la députée de La Rochelle qui a été enthousiaste pour endosser cette proposition de loi, signer l’appel, proposer à vos journaux locaux d’en faire l’écho.

Ne soyez pas surpris que nous n’y parlions qu’à peine du compte carbone, certains députés nous ont reçus en disant « nous voyons bien où vous voulez en venir avec votre compte carbone« … alors nous répondons que l’étiquetage en soi va donner du pouvoir aux citoyens pour s’auto-discipliner et orienter les fabricants vers du moins carboné, en particulier local car sans transport. 
Mais bien sûr nous n’oublierons jamais qu’il faut ensuite donner leur décompte à tous les français puis leur proposer de décider majoritairement de réduire de 6% par an.

Même si on en restait à l’étiquetage, nous aurons fait de grands progrès dans la réduction des gaz à effet de serre, vous avez noté notre démonstration de l’effet nudge qui incite sans imposer… et on sait bien dans les entreprises que chaque fois qu’on donne les chiffres, les comportements changent. C’est l’effet performatif de l’information. 

Certains critiquent l’obligation de registre carbone, nous expliquons sur 

https://loipoidscarbone.fr/signer/ que le domaine de la construction neuve a vite intégré l’obligation de comptage des contenus carbone par la loi RE2020, alors que c’est une profession qui râle facilement.

Les soutiens de la taxe carbone reprochent au compte carbone cet étiquetage qui va couter des efforts aux entreprises, mais leur proposition est de rester dans le flou d’une majoration des prix, on ne peut plus cacher aux citoyens ce qui est la principale cause d’inconfort, de violence, de pertes agricoles, de surmortalité…

La cheffe de service du Ministère de la Transition écologique craint que l’Europe empêche de rendre obligatoire l’étiquetage, comme c’est le cas du Nutriscore ou des projets de planet-score ou similaires. 
Mais c’est parce que ces indicateurs sont imprimés sur les emballages, alors que l’étiquetage carbone est une information comme le prix qui est propre à chaque magasin ou vendeur en ligne. Le contenu carbone sera différent dans un marché, un magasin climatisé ou un transport par camionette… comme le prix. L’UE ne peut pas empêcher de mentionner les prix, alors ? Alors j’invite chaque lecteur à bien lire les infos du site https://loipoidscarbone.fr et décider de ce que chacun peut faire pour y arriver… 


563 millions de tonnes de CO2e

Ce 9 juillet sort le rapport (des plus alarmants) de l’organe le plus arbitral en France, le Haut Conseil pour le Climat, qui recommande de vraiment agir !!!   Les scientifiques ont revu la méthode de calcul de l’empreinte française (les émissions locales plus les importations moins les exportations) : le HCC l’évaluait à 644 millions de tonnes il y a un an, selon nouveau calcul c’est maintenant 563 millions de tonnes pour l’année 2024, soit 1,5 fois les émissions locales (367 Mt).   C’est important pour le compte carbone car ses 9000 points carbone par personne et par an sont basés sur l’empreinte moyenne française : avec 563 millions de tonnes, nous sommes donc à 8160 points carbone Ͼ par français et par an !   Nous faudra-t-il revoir tous nos textes et notre wikipedia…

Le rapport présente un graphique essentiel pour agir, c’est bien avec les importations que nous devons freiner :


Le GIEC a été trop prudent ?

C’est ce que démontre la tribune, dans Le Monde, de Jean-Baptiste Fressoz, historien du climat, chercheur au CNRS et auteur du livre fondamental « L’événement Anthropocène » en 2013.


Pour lui, le GIEC a réussi une formidable modélisation des accroissements de température qui sont vérifiés globalement depuis 1990.
Mais en même temps, pour ne pas indisposer les gouvernements, le GIEC a été prudent en ne pointant pas les différences de continent à continent, lesquels sont sous l’influence de courants d’altitude comme le Jet Stream ou El Niño.

Il cite Robert Vautard qui copréside actuellement le groupe1 du GIEC : il annonçait en 2023 que les extrêmes de chaleur en Europe de l’Ouest augmentent bien plus vite que ne le prévoyaient les modèles.

JB Fressoz conclue par la phrase « Par peur d’être taxé d’exagération – précisément par ceux qui l’en accusent aujourd’hui- le GIEC a plutôt sous-estimé la brutalité de nos étés« . Je vous recommande cette lecture, réservée aux abonnés, je vous envoie la synthèse sur demande :


Nos pensées à ceux qui souffrent

Cette troisième canicule de début d’été est terrible pour toutes les professions exposées, trois fois moins de foin récolté par mon voisin qui s’inquiète de comment ses vaches passeront l’hiver, beaucoup de plantes qui grillent sur place par l’effet « grille-pain » décrit par les météorologues, et le pire : trois fois plus d’hectares en feu qu’à la même date l’an passé, tout notre soutien aux pompiers, et rions un peu avec le canard enchainé :

(je retire la possibilité de commentaire devant l’afflux de messages de bots, merci le faire par e-mail à armel@comptecarbone.cc )