Sommes-nous conscients de la 6ème extinction en cours provoquée par l’homme et principalement ses rejets carboniques dépassant les capacités planétaires, et entrainant le stress hydrique et la perte de biodiversité. Sommes-nous plus conscients que les dinosaures qui ont disparu il y a 65 millions d’années ainsi que la majorité des organismes vivants sous l’effet d’un bête météorite ?

Notre population mondiale de dinosaures est très diversifiée, aux États-Unis une majorité suit le chef dinosaure capable de tout gérer en 24 heures, en Chine les petits dinosaures ne sont pas consultés par le comité dirigeant pour exploiter les métaux rares et les météorites, en Europe on a des girouettausores, en France un jeune chef se fait élire pour sauver l’environnement puis soutient les chantiers les plus opposés au bon sens de la nature, avec des autoroutes à dinosaures, des megabassines pour dinosaures, des poulaillers et pesticides pour dinosaures, en Afrique les chefs dinosaures mettent de côté, en Inde les dinosaures restent en castes et laissent certains détruire leurs fleuves et leurs ressources, en Russie les dinosaures attaquent les voisins pour faire grandir leur territoire déjà le plus grand du monde, en Amérique du Sud on prépare une 30e grande messe de la domestication des météorites !
Attendre benoitement que les météorites soient apprivoisés ?
Nous sommes tous dans une des phases du deuil mises en évidence par la doctoresse Kubler-Ross, certains dans le déni, d’autres dans la colère (deuxième phase), d’autres dans la compensation (3e) ou encore la tristesse et dépression (4e) appelée souvent éco-anxiété. Heureusement la phase suivante est le retour de la joie quand on comprend que notre deuil est terminé si on a une réponse aux problèmes rencontrés. Vive la joie…
Le problème est le réchauffement climatique et l’extinction massive, nous sommes passés de 300 ppm de CO2 dans l’atmosphère, à 425, nous allons atteindre 500, ce qui générera un réchauffement de 2 à 3 degrés approchant le point de non-retour, il faut mettre en œuvre rapidement le frein qui le ramènera à moins de 1,5°C en 2100, ce frein est le mécanisme de compte carbone qui propose une monnaie carbone, une monnaie complémentaire obligatoire distribuée égalitairement avec 6 % de moins chaque année.
Cela oblige à l’étiquetage des contenus carbone sur tous les produits et services nous permettant d’en prendre conscience, de choisir les moins carbonés, de stimuler les entreprises à décarboner pour rester dans la course avec leurs concurrents qui, par leurs étiquetages, vont obliger à se mettre à niveau. Finies les voitures de fonction et autres pratiques carbonées accessoires ?
Ce mécanisme a été évalué par les Assises du Climat de février à avril 2021 qui ont validé cinq critères d’efficacité des mécanismes de décarbonation :
1- compter tous les gaz à effet de serre, qu’ils soient produits localement ou importés,
2- garantir la réduction annuelle de au moins 6% en France vers l’équilibre climatique 2050, démontré comme nécessaire par le GIEC (pourcentages différents selon les pays),
3- contribuer à la justice sociale,
4- impliquer tous les acteurs dont les services publics et les entreprises,
5- privilégier les voies de moindre contrainte garantissant liberté et acceptabilité.
Seul le mécanisme de compte carbone répond aux cinq, en particulier en générant une pratique de récompense des familles modestes nécessairement sobres, et en impliquant tous les acteurs économiques. Moindre contrainte veut dire qu’on laisse le choix, en toute liberté, de décarboner par les voies que chacun préfère, et qu’ainsi l’acceptabilité du dispositif s’accroit en y allant doucement, par étapes progressives, sans heurts, mais bien décidés à juguler le chaos climatique.
Au-delà du climat, c’est la biodiversité qu’on vise, les agriculteurs seront encouragés à ne pas laisser nus leurs guérets, car l’absorption de carbone par les plantes leur est favorable pour leur étiquetage carbone. Surtout, nous faisons le pari que les ultra-riches, nécessitant des surplus pour leurs résidences secondaires multiples qu’ils ne peuvent décarboner rapidement, opteront pour financer l’implantation de 100 000 km de haies par an, chaque kilomètre leur rapportant 2 tonnes et demi en 10 ans. Cent mille kilomètres, c’est peu de choses comparées aux 1 500 000 km disparus depuis 1950 et c’est indispensable pour restaurer flore et faune locales, réduire l’érosion et le stress hydrique, et se passer de pesticides.
Alors, les dinosaures, si vous preniez conseil auprès des vers de terre capables de résister en changeant de méthode ? Deux campagnes en cours, demander à la Commission européenne de financer des assemblées citoyennes de décision climatique, et auprès des députés français pour une simple loi d’étiquetage des contenus carbone.
Planter 100 000 km de haies !
| Notre campagne de complément du compte carbone a bien démarré dans les conférences-débats de juillet : nous démontrons que pour restaurer la biodiversité, il faudrait planter massivement des haies restaurant la faune et la flore sauvages, limitant l’érosion et le stress hydrique et permettant même de se passer de pesticides. Le problème est le refus général des agriculteurs, surtout en zone céréalière. Nous proposons alors de pousser les ultra-riches à financer ces plantations de façon suffisamment attractive pour l’agriculteur, nous avons testé 20 000€ du kilomètre où le maïsiculteur m’a dit « super, et si j’en mets dix kilomètres ? 200 k€ ! ». Si besoin les ultra-riches peuvent être obligés à mettre plus. Selon les experts consultés, le kilomètre peut rapporter 2500 points carbone en dix ans (contrats de 10 ans pour être sûrs du maintien en bon état de ces haies). Attention, pour que cela fonctionne, il ne faut laisser aucun autre choix, soit des haies soit acheter des surplus auprès de l’agence carbone. |
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Les voies du compte carbone sont pénétrables… et multiples
| Un universitaire belge spécialiste des algorithmes vient de publier un livre aux Presses Universitaires de France sur le traitement algorithmique du compte carbone, voyons le résumé qu’en fait notre allié Denis Bonnelle : D. Bonnelle – note de lecture « Pour un compte carbone individuel », Hugues Bersini, PUF, avril 2025 La principale caractéristique de ce livre est qu’il ne parle pas énormément de notre projet de compte carbone, mais que son auteur ou son éditeur a considéré que ce concept était suffisamment popularisé pour constituer une accroche assez puissante pour des lecteurs potentiels, d’où son titre : c’est, en soi, significatif. Après trois pages (29 à 31) de présentations de ses principales caractéristiques bien connues des habitués du site comptecarbone.cc, que l’auteur considère cependant comme étant extérieures à sa propre pensée, il fait le lien avec ce qui est sa propre approche, l’informatique. Il écrit ainsi : « un tel compte carbone individuel n’est rendu possible que par l’existence de dispositifs informatiques, à commencer par la possession d’un smartphone (mais pas uniquement), qui rendent possible pour chacun le suivi de son compte carbone, et de simuler l’impact sur celui-ci des achats à venir. Profilage (accepté même souhaité), recommandation, simulation, arbitrage, …, un large pan de l’informatique moderne, du Big Data, de l’IoT (Internet of Things) et de l‘intelligence artificielle, se trouve mobilisable afin de maîtriser et d’adapter ce compte carbone ». Dès lors, son propos consiste pour l’essentiel à discuter quelle philosophie devra l’emporter, entre une mainmise des GAFAM et de leurs prolongements dans l’univers de l’IA, ou, au contraire, des communs informatique type communautés de développeurs de logiciels libres ou de contributeurs à Wikipédia. Les enjeux de cette alternative ? Le codage, c’est-à-dire le paramétrage, des innombrables règles qui lui semblent nécessaires pour qu’un compte carbone digne de ce nom puisse fonctionner : exemptions si on ne peut pas faire autrement que de brûler des combustibles fossiles (y compris en raison de sa richesse), non-exemption dans le cas contraire, etc. Les éléments qui vont dans le sens de nos propositions sont parfois assez implicites. Ainsi, le chapitre « Le un pour cent français » change d’avis trois ou quatre fois en autant de pages, passant d’un grand optimisme (il suffit de mettre des transports en commun pour que l’usage de la voiture devienne résiduel) à l’inverse (« Dans le même temps, (Bruxelles) n’a connu aucune décongestion conséquente du trafic automobile, ce serait même plutôt le contraire »). Le verdict final serait donc, sur ce point, pro-compte-carbone, et avec un principe intéressant, juste après avoir parlé de l’empreinte carbone, c’est-à-dire de nos consommations importées : « tout bien pensé, il n’y a rien de plus universalisable ni de plus efficace qu’un dispositif informatique » : autrement dit, pourquoi pas un compte carbone d’emblée universel ? Au total, ce livre est un moyen pour l’auteur, d’une part, de réexposer ses idées, déjà publiées, relatives au rôle des citoyens dans le développement des algorithmes qui nous entourent, et, d’autre part, de montrer son intérêt plus récent pour les questions de climat, et même d’environnement sans lien avec le climat donc a fortiori sans lien avec le compte carbone (le chapitre « des algorithmes pour le débit de l’eau » parle effectivement d’eau ; par contre, l’auteur n’a pas résisté à un jeu de mots pour son chapitre introductif : « algo verts contre algues vertes », où il n’y a pas un mot ni sur le sulfure d’hydrogène tueur de cheval, ni sur les élevages intensifs de porcs en Bretagne, ni même sur les algues vertes elles-mêmes). Pour terminer, passons de cette intro à la conclusion, intitulée « rendre des comptes carbone », avec une phrase qui résume bien la philosophie de l’auteur : « l’existence dans son smartphone de ce compte carbone peut se prêter à de très nombreux et très divers niveaux de contrainte, entre la seule sensibilisation sans restriction possible sur les choix de consommation jusqu’à la mise sous tutelle algorithmique de quelque consommation ou comportement polluant que ce soit ». Autrement dit, une conception assez extensive du compte carbone que nous connaissons, qui, lui, était fondé sur l’obligation de résultat collective, sur la souplesse apportée par les ventes et achats possibles entre particuliers, et sur la construction automatique du contenu carbone des biens et services à travers les chaînes de facturations entre entreprises et la tenue par ces dernières d’une comptabilité carbone obligatoirement équilibrée. |

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